samedi 5 mai 2012

Phu Quoc

 
Midi, on patiente dans l'aérogare de Can Tho, immensément vide, en
attendant l'avion pour Phu Quoc, la plus grande île du Vietnam, avec
ses plages et ses cocotiers, l'endroit idéal pour ne rien faire
d'autre que se laisser glisser jusqu'à la mer tiède et jouer avec
Lila dans les vagues.

La plage du Mango Bay Resort fait face au sud, on voit arriver de
loin les orages et la mousson, les nuages se font plus denses, la
température diminue, enfin ! Le soir, les bateaux de pêche allument
leurs rampes de phare pour attirer les calamars et les sèches dans
leurs filets, ils forment une guirlande lumineuse sur l'horizon. On
fait croire à Lila, qui ne s'alimente pas très bien, que ce sont les
Lutins du père noël venu pour s'assurer qu'elle mangeait bien…
Procédé malhonnête, mais efficace.




jeudi 3 mai 2012

Delta du Mekong

Réveil au levé du soleil pour un tour dans le Delta du Mekong. La
chaleur est déjà étouffante. Le Mekong se divise en d'innombrables
rivières et canaux, sur lesquels on circule à bord de barques
effilées, munies d'un moteur et d'une hélice située sur une longue
canne, qui permet la navigation en eau peu profonde.

Il n'est que 6h30, mais déjà, beaucoup de vendeuses du marché
flottant plient bagage ou déjeunent dans leurs barques vides,
l'ensemble de leur marchandise ayant trouvé preneur. De plus gros
bateaux viennent ainsi collecter fruits et légumes et vont les faire
converger vers les marchés des grandes villes durant la matinée.

Plus loin, on s'engage dans des canaux plus étroits, où l'eau boueuse
se retire progressivement sous l'effet de la marée descendante, à
l'embouchure, quelque 120 kilomètres en aval.

L'embarcation se fraye un chemin à travers les massifs de jacinthes
flottantes qui dérivent en surface. De curieux poissons évoquant les
batraciens sautent dans la vase à notre passage, quelques hommes aux
jambes squelettiques et à la peau luisante traversent l'eau sur des
ponts de singe en bambous. Il n'est pas 9 heures, et la chaleur
devient obscène, écoeurante.

Arrêt dans une famille de paysans qui exploitent un verger d'arbres
fruitiers : bananes, le fameux durian, très cher et très prisé des
Vietnamien, mais qui pour nous à l'odeur et le goût de viande
pourrie, fruit du dragon sur son cactus. Au sol, les tubercules de
gingembre prolifèrent à même le sol.

Des cochons monstrueux gisent, vautrés dans leur box, vaincu par la
chaleur autant que nous. Lila court après les canards blancs.

Dans ce décor de verger tropical, traversé par ces eaux épaisses,
gluantes et brunes, l'atmosphère de jardin d'Eden la dispute à celle
de cloaque infect.














Quelques canaux boueux plus loin, et nouvelle pose dans une famille
qui célèbre le premier mois de leur bébé. Si le nouveau-né atteint
cet age, c'est bon signe : il vivra. Le chien qui mijote dans la
marmite a eu moins de chance de son côté. S'il avait su le sort qui
lui était réservé, il aurait sûrement tenté quelque chose contre le
nourrisson avant le terme fatidique.



mercredi 2 mai 2012

Saigon, Can Tho

Il faut près de deux heures pour s'extirper de cette ville
tentaculaire. En 20 ans, la ville s'est répandue sur les campagnes à
un rythme effréné, et l'expansion semble partie pour continuer.
Qu'est-ce qui fait les mégalopoles ? Est-ce qu'une ville croît
d'autant plus vite qu'elle est grande, y'a t-il une masse critique
qui la fait exploser ?

Au-delà, rizières et champs bordés de cocotiers et de bananiers, et
allongées de-ci de-là, au milieu des cultures, les caveaux des ancêtres.

À Can Tho, nous logeons dans la pension familiale d'un Vietnamien
francophile et bavard comme tout (Mekong Logis). Sous les néons, les
geckos se poursuivent en faisant des petits bruits de pies.

Il faisait encore jour au début de cette phrase, il fera nuit le
temps qu'elle se termine. Pas d'aurore ni de crépuscule sous les
tropiques, on passe du jour à la nuit en autant de temps qu'il en
faut pour actionner un interrupteur.




mardi 1 mai 2012

Des couleurs, des odeurs

Le marché central est l'attraction incontournable du centre ville.
Effectivement, ça vaut le coup d'oeil. Tissus, confiseries, poissons,
souvenirs, tripes et abats, coquillages et crustacés se succèdent dans
un tourbillon d'odeurs un peu vertigineux.



lundi 30 avril 2012

Cool in the pool

Aux terrasses des gargotes, certains semblent avoir jeté l'éponge.
Pétrifiés, hagards, ils fument en observant la rue, recroquevillés
sur de minuscules tabourets en plastiques, avec pour décor de fond
soupes, brochettes, couleurs pastels et éclairage au néon.

Pour nous, l'expérience de Saigon sera vécue du bon côté de la vie :
Quang et Thi habitent la demeure familiale: une superbe maison
coloniale, avec piscine et jardin luxuriant à l'abris du tumulte. Le
mois de mai marque la fin de la saison sèche: en fin d'après-midi, le
ciel devient gris foncé et indigo, et un orage biblique vient arroser
le jardin, douche et bain pour le même prix dans la piscine.

Sous les colonnes du porche, affalés dans les sièges d'osiers dans
l'air des ventilateurs géants, on s'imagine en missionnaires
coloniaux. La chaleur ne vous lâche jamais et sape toute velléité
d'effort prolongé. On comprend qu'un peu de Gin ait suffi à les faire
sombrer dans la déchéance totale.



dimanche 29 avril 2012

Saigon

Bien que le nom officiel de cette bourgade soit Ho Chi Minh, du nom
du père de la révolution Vietnamiene, les habitants s'autorisent à
nouveau à l'appeler Saigon. Le portrait du petit vieillard malicieux
avec sa barbichette trône partout, mais du communisme, il ne reste
plus grand-chose, si ce n'est la mainmise du parti du même nom sur le
business, et l'étoile rouge cousue à l'épaule des flics.



Sortis de l'atmosphère climatisée de l'aéroport, on plonge dans une
chaleur liquide, visqueuse. Petit à petit, le corps s'habitue… Disons
plutôt qu'il se résigne.

Partout dans les rues, c'est le ballet improbable des motos, qui
s'écoule comme un fluide, comme les globules rouges dans les
vaisseaux sanguin. Où vaquent tous ces gens, familles entières en
équilibre sur une selle?

samedi 28 avril 2012

Kawaii !

Les japonais de tout age semblent vouer un véritable culte aux
enfants, sur notre passage les visages s'éclairent comme celui du
Bouddha en pleine illumination, et certains sombrent même dans un
gagatisme absolu, et commence à entreprendre Lila. Le mot le plus
entendu pendant ces deux jours : Kawaii ( mignone). Quand elle ne
dort pas à côté du tapis roulant chargé de Sushis, Lila chante à tue-
tête ses comptines en Espagnol !

Pour clore le chapitre Tokyo, voici en vracs quelques observations
pour tordre le coup à certaines ides reçues :

- Tokyo n'est pas une ville très chère. En tout cas, moins chère que
Paris. On y mange très bien pour 5 euros, le Ticket de métro coûte
1,4 euros, et le bouillonnement de la vie offre un spectacle gratuit
à l'envi.
- Les Japonais ne parlent pas anglais en général, ce qui complique
les interactions, en revanche, ils sont d'une gentillesse et d'une
patience exemplaire lorsqu'il s'agit de rendre service.
- Tokyo n'est pas une ville particulièrement bruyante, ni
particulièrement polluée. Elle donne une impression assez sage.
Beaucoup de gens circulent en vélo, le centre ne nous a pas paru
embouteillé.