vendredi 29 février 2008

Mamie Luz


Petit déjeuner en compagnie de mamie Luz. Cette petite vieille est un peu mélancolique mais fort gentille. Les nuages s’accrochent encore aux montagnes, mais la pluie a cessé. Les coqs chantent avec 5h de retard comme s’ils s’étaient adaptés au rythme torpide du patelin. Les pince-oreilles sont fidèles au rendez-vous.

Après-midi balade en vélo contre le vent pendant 3 heures. Panorama magnifique sur la vallée du Rio Baker.

18h: Raf vient de terminer une leçon de grammaire espagnole dispensée par Pau (les conjugaisons du passé simple). Il a presque tout bon en trichant à peine. Autorisé à aller fumer une clope dehors faute d’aller jouer au foot avec ses copains (vu qu’on a ni ballon ni copain).

Mamie regarde des jeunes peroxydés excités à la TV, mais sans le son. Elle aime bien la compagnie de l’image, mais le bruit l’agace.

Raf capture un pince-oreilles pour le scotcher vif dans le cahier de vacances.

jeudi 28 février 2008

The answer my friend...


Départ pour Cochrane. Route magnifique, en particulier le long du lac General Carrera, le plus grand du Chili, d’une couleur turquoise irréelle. On longe les gorges (profondes) du rio Baker, le plus gros fleuve du Chili en terme de débit. Effectivement, il débite.



On pose nos sacs chez mamie Ana Luz. La maison sent la petite vieille. Dans la rue les gosses sucent des glaces, les petits vieux portent le béret basque (des immigrants du début du XX° siècle) et deux mégaphones grésillent du folk. « The answer my friend, is blowing in the wind » de Bob Dylan. D'ailleurs Bob est en Amérique Latine pour son méga-tour-qui-ne-finit-jamais mais malheureusement pour Pau, il nous évite...

Le soleil est vicieux, même à travers les nuages. Nuit et matinée pluvieuse, la première depuis longtemps.

mardi 26 février 2008

Pince-oreilles et moules marinières


Coyhaique, 50 000 habitants, une place centrale avec Bob Sinclar en musique de fond, son plan de rues en hexagone, ses jeunes un peu comme les « piches » du sud de la France, son berceau de montagnes qui rappelle les paysages de causses en Lozère, sa station de ski équipée de deux remonte-pentes…
Pau est ravie : la cabane où nous dormons est envahie par les pince-oreilles…

Raf cuisine des moules marinières, 5 par personne suffisent vu leur taille improbable (10 cm de long).

lundi 25 février 2008

Tombés au front

10 heures de ripio pour rejoindre Puerto Aysen, on a peur de ne jamais arriver. Sur le flanc des montagnes, les troncs blancs d’alerces morts ressemblent à des potences. Même spectacle dans les vallées. Ces arbres abattus nous font penser à un champ de bataille désolé. Il s'agit des vestiges de grands incendies (souvent volontaires) qui ont ravagé la région il y a quelques décennies.

Le soleil est vicieux et brûle la peau. La faute au trou dans la couche d’ozone, nous sommes dans une zone à risques. Il faut dire que l’été 2008 fut le plus chaud que les Patagonnes aient connus de mémoire d’homme, mais peut-être que les UVB rendent amnésiques. Certains lieux ont enregistré des pointes à 37°, soit 10 de plus que les maximales habituelles ("que les normales saisonnières", aurait dit le défunt Gillot Pétré).



Puerto Aysen est un drôle de village où l’activité se concentre le long d’une rue principale. Discussion sur le port avec un batelier qui convoie des milliers d’énormes tourteaux dans la cale de son rafiot. Il est normal, mais il vient de Chiloe, pas de Puerto Aysen.



Les maisons de la ville sont mignonnes mais passablement délabrées, à l’image de ses habitants: après plusieurs échanges avec un échantillon représentatif de la population, on peut confirmer le diagnostic: ils sont tous plus ou moins atteints de débilité avancée. Plusieurs hypothèses pas forcément contradictoires: la consanguinité, le vent, la solitude, l’alcool…évidemment le trou dans la couche d’ozone. Mais pourquoi pas le virus ISA - ou virus de la marée rouge - propagé dans la mer à diverses espèces de poissons ou crustacés à cause des entreprises de salmoniculture qui utilisent semble-t-il trop d’antibiotiques.
Depuis une dizaine d’années, la salmoniculture intensive s’est dévéloppée fortement dans le sud du Chili. Les saumons sont élevés dans des bassins captifs immergés dans les fjords, ce qui permet d’écrire «élevé en mer» sur l’emballage… Une Norvégienne nous explique admirative qu’un système optique et électronique permet de gaver les poissons aussi vite que possible.



Aujourd’hui, le miracle prend l’eau : à Puerto Montt, une usine vient de mettre 1000 employés sur le carreau. Les affreux lotissements qui défigurent le paysage pourraient vite se transformer en favelas…

Déjeuner au « El Bajon ». On nous passe la musique de La Panthère Rose en boucle. Pau fait remarquer qu’en face, les photocopies ne coûtent que 25 pesos , soit 4 centimes d’euros, mais on ne sait pas si ça vaut vraiment le coup de descendre jusqu’ici pour ça, même si vous en avez beaucoup à faire.

dimanche 24 février 2008

La forêt magique (marrant 5 minutes)



Trek épuisant et peu gratifiant vers le Volcan Michinmahuida.
Au début c’est marrant de cheminer dans ce tunnel de verdure, au milieu de cette forêt moitié enchantée – moitié hantée. On a l’impression qu’Alice va débarquer d’une minute à l’autre avec un lapin. Champignons géants au pied d’un arbre non moins géant, lichen, mousses, bruit du cours d’eau. Une seule clairière nous permet de voir le volcan et de se faire attaquer par ces foutus tabanos insistants. Raf pousse l’effort jusqu’à une rivière noire de cendres. Retour sur les rotules.
On fait du stop pour rentrer à Chaiten, ce qui n’est pas simple sur la Carretera Austral où passe en moyenne une voiture par heure, souvent remplie de voyageurs du volant au coffre.

Finalement, un jeune prof de géographie en vacances nous ramène au village.

samedi 23 février 2008

Alerces dans la brume


Réveil au chant du coq à 7h du matin, dans la brume encore. Sous un lampadaire, un cheval se repose couché dans l’herbe, comme un ivrogne qui n’aurait pas retrouvé son chemin.
En route pour 2 jours de trek et de camping humide dans le Parc Pumalin qui appartient au milliardaire Tompkins. Il a acheté ces montagnes pour protéger la forêt native et en faire un parc naturel. Hélas la seule zone de camping accessible est ridiculement petite et pleine à craquer : 8 à 10 tentes dont une occupée par un couple de quinqua allemands suréquipés, des vrais maniaques du camping-gaz, ils font cracher la bête à tout bout de champ, comme s’ils voulaient faire flipper Raf en lui évoquant Daschau.
Donc rando de 3 heures au « Tronador », ça grimpe et ça descend finalement sur un lac captif entre les montagnes, si joli !
On plie bagages après une sieste avant que les tabanos (taons) ne se livrent à un holocauste sur Pau.



Fin d’après-midi à se baigner tout nus dans un gouffre glacial au pied d’une cascade impressionnante. La végétation fait penser aux tropiques, c’est presque inquiétant dans l’ombre de la fin de journée.

jeudi 21 février 2008

Chaiten



Il est temps de repartir si on ne veut pas se faire rattraper par l’hiver ou l’alcoolisme - ou les deux à la fois - alors nous réservons un bateau pour Chaiten, depuis Puerto Montt. 11 heures de trajet nocturne, accompagnés par la pleine lune. Arrivée dans la brume au petit matin. Enfin nous trouvons un hostal décoré avec goût avec au centre du rez-de-chaussée, de grosses pierres rondes sorties de la rivière toute proche. Vue incroyable sur les montagnes. L'hostal s'appelle Casa Hexagon, en raison de sa forme, il était recommandé par el amigo Nico (Hospedaje La Margouya a Puerto Varas).



Première journée passée à flâner dans la « ville ». On a aussi trouvé un drôle de chemin s’enfonçant dans la forêt, construit sur une seule planche, parfois assez haute au-dessus du sol, Pau flippe un peu mais avance.
Coucher de soleil sur la mer dans un ciel parfait sans le moindre nuage.

mercredi 13 février 2008

Canyon, bière et pisco sour



Commence une semaine de glande entre amis. Squat dans la maison de Filou et au programme : pisco (spécialité chilienne qui attaque le cerveau), bière, cheval pour Raf, fiesta, reggaeton, canyoning dans les gouffres froids du rio blanco, descente d’une cascade de 30 mètres en rappel, re bière, re pisco…



Notre ami grand Pierre veut acheter un terrain à Ensenada. Très belle vue sur les volcans Osorno et Calbuco et prix affiché : 15 000 euros l’hectare.

mardi 12 février 2008

Cendres, glace et fumées toxiques



Grand jour : Le réveil sonne à 6h du mat’… on n’a plus l’habitude nous ! Mais c’est pour réaliser notre rêve d’enfants qui regardaient Haroun Tazieff à la télé : ascension du Volcan Villarica !



Cendres, glace, fumées toxiques, redescente sur les fesses, courbatures le soir à cause du rythme effréné imposé par notre guide stakhanoviste : une vraie journée incroyable inoubliable.

lundi 11 février 2008

Chaud chaud



Un peu de bien être : nous allons sauter dans les thermes Los Pozones, à quelques kilomètres de Pucon. Les premiers bassins sont tièdes, on gère. Mais les suivants graduellement de plus en plus chauds, le dernier étant kouasi intenable : Raf qui s’y aventure ressort rouge rouge.

dimanche 10 février 2008

Under the volcano...

Entre le Chili et L’Argentine, c’est un peu la guerre froide. L’une des conséquences de cette mésentente, c’est qu’il n’est pas possible pour un étranger de faire entrer une voiture argentine au Chili. On la laissera pendant notre excursion chilienne chez un garagiste argentin, ce qui est plus raisonnable de toute façon, car on doute qu’elle tienne le coup pendant 1500 km de ripio austral.



Raf accompagne Gerald dans une petite église baptiste pour y acheter des empanadas. Et c’est l’heure de grimper dans notre bus à destination de Pucon (Chili), via le paseo Tromen, au pied du volcan Lanin. Le chauffeur a sorti une vieille machine à écrire et tape méticuleusement la liste des passagers en vue des contrôles douaniers.

Nous partons avec le minimum vital : tente, duvets, vêtements et deux livres : « Parmi les disparus » et « Ce que dit le majordome ».

La route qui monte au col du côté Argentin est bordée de pythons de laves érodés (orgues basaltiques), les paysages de plateau et de collines douces ont une couleur fauve.

Pendant l’attente à la frontière, on tente des jeux de mots scabreux : « il faut utiliser les WC du bus uniquement pour pisser, et jamais à l’arrêt… » Mouaif.



Araucaria, arbre emblématique de la Patagonie

La frontière à peine franchie, les paysages changent du tout au tout, la végétation est luxuriante comme dans une forêt tropicale, les montagnes abruptes enserrent des lacs bleu ciel. Bienvenu au Chili, et dans sa célèbre forêt valdivienne.

Sur les recommandations de Brigitte et Gerald, on posera nos sacs à l’hostal Ecole, un endroit charmant.

Le volcan Villarica domine le village, et des sémaphores d’alerte volcanique nous rappellent qu’il ne dort que d’un oeil.

samedi 9 février 2008

Renault 12 et rocker argentin

Réveillés de bonne heure par le chant aigre de drôles d’oiseaux, et par le mugissement des vaches poussées au cri de « vaca vaca » de leur berger.
Le moteur diesel a pris froid pendant la nuit, démarrage difficile, avec l’aide d’un autre campeur argentin armé de pince crocos.

Au volant de sa Renault 12 (si ça existe encore ici), Gerald grille les priorités en toute hilarité pour aller prendre le thé dans son QG d’après-midi : le Maroma.

Le salon de thé Maroma est tenu par une grosse allemande dont Gerald nous raconte l’histoire: dans sa belle jeunesse, elle a tout plaqué en Europe pour suivre le rocker Argentin dont elle était éprise. Son rocker l’a vite plaquée, et sa vie s’est enfoncée dans la tristesse, et la boulimie probablement vu son poids actuel…

Gerald n’en fini pas de nous faire rire avec ses récits drolatiques sur l’Argentine et ses « vedettes ». Entendez par là les champions de l’entourloupe qui vivent la grande vie sans jamais trop se fouler, sur le dos des pigeons ou des créanciers.

On apprend aussi incidemment que le terrain ou l’on campe appartient à la famille d’un spécialiste en gestion de fonds nazis… L’occasion de parler de la position plutôt trouble de l’Argentine pendant la seconde guerre mondiale.


vendredi 8 février 2008

Si c'est comme ça, on monte à pieds !


Baignade dans le lac de San Martin, et ballade au Cerro Chapalco, la station de ski de San Martin, modeste mais tarifs ubuesques pour l’ascension en remonte pente. Nous sommes montés à pieds, accompagnés d’un petit chient blanc en mal d’amis. Pau se fait piquer les pieds par des herbes vicieuses.



Le soir, des nuages réticulés magnifiques embrasent le ciel, pendant que Raf embrase le feu pour cuisiner le riz au raisins et aux œufs.

jeudi 7 février 2008

Mauvaise bouche et bonne bouffe


Après une nouvelle longue journée de pampa, les premières prairies orangées de la Patagonie nous soulagent. Etape à Zapala et arrivée à San Martin de los Andes. On monte la tente au camping de los amigos de la naturaleza puis on rencontre Brigitta et Gérald, les parents d’une amie parisienne (Margot). Autour de 500 grammes de bife de chorizo (le steak argentin) pour Raph et d’une bouteille de Malbec en cadeau pour Pau, le truculent Gérald nous explique que Malbec signifiait mauvaise bouche en vieux français, qu’il s’agit d’un cépage disparu en Europe mais très bien retrouvé en Argentine : c’est le vin star.

mercredi 6 février 2008

Ils arrivent, Raf les a vus...



Route sans fin à travers les plateaux monotones de la Pampa, on ne voit presque que le ciel ponctué ci et là par des formations orageuses. Pau prend le volant et Raph en profite pour immortaliser l’arrivée des extra-terrestres…
Etape à Catriel, ville conçue spécialement pour les petro-cadres qui font tourner les derricks au milieu du néant, à 200 kms de toute autre ville.

mardi 5 février 2008

Listos !



Tous les papiers sont listos (prêts), à nous le sud !
Frayeur et tremblements quelques heures plus tard : les pneus tout pourris se barrent en lambeaux… 4 heures d’attente chez un garagiste dans un bled poussiéreux et 4 pneus neufs plus tard, on débarque à San Rafael. Petite sœur de Mendoza en plus propre mais plus assoupie.

vendredi 1 février 2008

A poil dans le rio de las tunas


Toujours en attente des papiers de la voiture, on s’aère en allant à Tunuyan et Tupungato pour voir le volcan qui se révèlera être beaucoup plus loin et plus haut que prévu. Notre route s’arrêtera au bord d’une rivière toute fraîche où Raph fabrique un barrage pour tremper nos fesses plus en profondeur.
Camping avec les beaufs et pâtes au thon cuisinées au feu de bois / bière au menu du soir…Miam ! (Pour de vrai)