Une agence nous a mis sur le coup d’une posada assez classe cherchant repreneur en location à Cachi. On décide d’y monter pour le week-end.
Cachi est un charmant village colonial, perché à 2300m, et situé à 3h de route merdique de toute civilisation…
Au passage à Chico Ana, un chien se jette sous nos roues, on l’entend rouler en hurlant sous notre voiture pas très haute, tout le monde retient son souffle mais il ressort vivant par l’arrière.
Quelques kilomètres plus loin, c’est une mamie qui s’élance sur la route au sortir d’un pick-up. Heureusement qu’on ne roule pas vite et qu’on a des réflexes, elle ne passera pas sous notre camionnette.
Un peu plus loin, deux chevaux ont décidé de discuter en tête à tête au milieu de la route, difficile de les faire bouger, alors on contourne.
Encore quelques kilomètres et la route est cette fois coupée par une rivière qui descend des montagnes. La voiture fait semblant de s’enliser au milieu du gué, mais non, finalement, ça passe tout juste.

C’est pas fini ! Quelques kilomètres de plus et un éboulis coupe la route. Raph est trop optimiste sur la hauteur de la voiture et en passant sur un cailloux, la tige qui commande les vitesses se pète. Plus possible de passer la première, et les autres difficilement.
Un coup d’oeil sous le châssis nous permet d’identifier le problème, la tige n’est pas cassée, mais sortie de son logement. 500m plus loin, un indien nous dépanne d’un krick (gato en espagnol, qui signifie aussi « chat »). Quand Raph frappe à la porte de sa cabane pour demander « puedes ayudarnos con un gato por favor », l’indien hilare sort du jardin avec son petit chat tenu par la peau du cou.
Finalement, avec l’aide du gato (mécanique) et de deux estancieros typique argentins (4x4, muscles, peau dorée, dents blanches, bottes et chemises, ceinturon… ), on répare le truc en 25 minutes.
Attendez, ce n’est pas fini…
40 bornes plus loin, dans les nuages et la bruine, en attaquant la montée terrible de la « custa del obispo », le moteur commence à chauffer dur. Une drôle d’odeur arrive à nos narines, puis de la fumée sous le capot. Stoppez les machines !! Pau se rue dehors avec les passeports et l’argent d’abord. Mais il n’y a pas le feu, juste de la vapeur qui fuse du réservoir d’eau.
Là encore, plus de peur que de mal. Après vingt minutes et avec l’aide de trois jeunes argentins en 4x4 et d’un bidon de liquide réfrigérant, on réamorce le système de refroidissement.

Et croyez le si vous le voulez, on arrive à Cachi sains et saufs, sous un soleil parfait, car on est repassé du bon côté. L’une des particularités de la région est d’alterner des vallées tropicales hyper humides et des vallées quasi désertiques, en fonction de leur orientation.
On visite la posada en fin d’après-midi, c’est un petit paradis cossu au milieu de 40 hectares verdoyants, avec sa piscine et sa vue sur les sommets à 6700m. Le seul hic, c’est qu’on est vraiment trop loin de tout. On comprend pourquoi la patronne ne veut plus s’en occuper et a du mal à trouver des gens qualifiés pour le faire à sa place.
Après avoir fait une sieste au Nevada Del Norte en bavant sur l’oreiller, Pau veut manger un « panquéqué ». C’est une des drôleries de l’Amérique du sud. Vous l’aurez compris, un panquéqué n’est autre qu’un « pancake ».