lundi 31 mars 2008

Everybody must get stoned



Sonia nous a mis sur le coup d’une propriété quasi idéale à vendre. On la visite et la revisite, on négocie le bout de gras par téléphone avec le proprio. On est chauds.


Le soir, vins torontes et tinto, délicieux risotto préparé par Silvio le pharmacien musicien et Bob Dylan en fond musical. Une très bonne soirée arrosée qui fait du bien.

dimanche 30 mars 2008

180 km de poussière

La route qui redescend de Cachi à Cafayate finit de nous convaincre que l’option Cachi n’est pas jouable. On ramasse en route un couple de français allant à pieds, en plein désert. On les embarque à l’arrière de notre bétaillère sans fenêtre, ils en ressortent 100 kms plus loin couverts de poussière.



Le soir, étape chez la suisse de San Carlos. Elle n’est pas là, mais l’on fait connaissance avec son associée Sonia, et une bande de joyeux suisses amis, ainsi que d’un peintre argentin.

samedi 29 mars 2008

La route de tous les dangers

Une agence nous a mis sur le coup d’une posada assez classe cherchant repreneur en location à Cachi. On décide d’y monter pour le week-end.
Cachi est un charmant village colonial, perché à 2300m, et situé à 3h de route merdique de toute civilisation…

Au passage à Chico Ana, un chien se jette sous nos roues, on l’entend rouler en hurlant sous notre voiture pas très haute, tout le monde retient son souffle mais il ressort vivant par l’arrière.

Quelques kilomètres plus loin, c’est une mamie qui s’élance sur la route au sortir d’un pick-up. Heureusement qu’on ne roule pas vite et qu’on a des réflexes, elle ne passera pas sous notre camionnette.

Un peu plus loin, deux chevaux ont décidé de discuter en tête à tête au milieu de la route, difficile de les faire bouger, alors on contourne.

Encore quelques kilomètres et la route est cette fois coupée par une rivière qui descend des montagnes. La voiture fait semblant de s’enliser au milieu du gué, mais non, finalement, ça passe tout juste.



C’est pas fini ! Quelques kilomètres de plus et un éboulis coupe la route. Raph est trop optimiste sur la hauteur de la voiture et en passant sur un cailloux, la tige qui commande les vitesses se pète. Plus possible de passer la première, et les autres difficilement.

Un coup d’oeil sous le châssis nous permet d’identifier le problème, la tige n’est pas cassée, mais sortie de son logement. 500m plus loin, un indien nous dépanne d’un krick (gato en espagnol, qui signifie aussi « chat »). Quand Raph frappe à la porte de sa cabane pour demander « puedes ayudarnos con un gato por favor », l’indien hilare sort du jardin avec son petit chat tenu par la peau du cou.

Finalement, avec l’aide du gato (mécanique) et de deux estancieros typique argentins (4x4, muscles, peau dorée, dents blanches, bottes et chemises, ceinturon… ), on répare le truc en 25 minutes.

Attendez, ce n’est pas fini…

40 bornes plus loin, dans les nuages et la bruine, en attaquant la montée terrible de la « custa del obispo », le moteur commence à chauffer dur. Une drôle d’odeur arrive à nos narines, puis de la fumée sous le capot. Stoppez les machines !! Pau se rue dehors avec les passeports et l’argent d’abord. Mais il n’y a pas le feu, juste de la vapeur qui fuse du réservoir d’eau.

Là encore, plus de peur que de mal. Après vingt minutes et avec l’aide de trois jeunes argentins en 4x4 et d’un bidon de liquide réfrigérant, on réamorce le système de refroidissement.



Et croyez le si vous le voulez, on arrive à Cachi sains et saufs, sous un soleil parfait, car on est repassé du bon côté. L’une des particularités de la région est d’alterner des vallées tropicales hyper humides et des vallées quasi désertiques, en fonction de leur orientation.

On visite la posada en fin d’après-midi, c’est un petit paradis cossu au milieu de 40 hectares verdoyants, avec sa piscine et sa vue sur les sommets à 6700m. Le seul hic, c’est qu’on est vraiment trop loin de tout. On comprend pourquoi la patronne ne veut plus s’en occuper et a du mal à trouver des gens qualifiés pour le faire à sa place.

Après avoir fait une sieste au Nevada Del Norte en bavant sur l’oreiller, Pau veut manger un « panquéqué ». C’est une des drôleries de l’Amérique du sud. Vous l’aurez compris, un panquéqué n’est autre qu’un « pancake ».

jeudi 27 mars 2008

Christina et le soja

Les dernières journées ont été laborieusement passées à arpenter la ville, d’agences en agences, d’administrations en organismes publics en tout genre. L’alliance française est d’une inutilité qui mérite d’être signalée. La chambre de commerce argentine est déjà un peu plus renseignée et les agents immobiliers nous inspirent encore moins confiance que leur homologues français.

On passe nos soirées à discuter avec Hugo, sympathique bonhomme qui bosse dans notre hostal. Comme tous les argentins, il est bavard comme tout mais de bon conseil.

Nous sommes bercés par les nouvelles à la TV. La grosse actu du moment, ce sont les blocages routiers organisés par les « gens du campo » qui contestent les mesures de Christina Krischner. Pour la faire simple : les exploitants veulent continuer à exporter du soja à gogo, car c’est ça qui rapporte le plus, mais Christina propose de taxer davantage ces exportations afin de limiter l’inflation sur les denrées alimentaires consommées localement.

Les discours de Christina sont très théâtraux, mais qu’est ce qui n’est pas théâtral en argentine…

mardi 25 mars 2008

Retour à la source

Cafayate et sa région nous enchantent, c’est déjà une des grandes destinations touristiques de l’Argentine, mais il y a encore à faire.

L’agence immobilière du coin n’a pas grand-chose de fascinant à nous proposer, mais nous met en contact avec les gringos sympas de la région. À commencer par le français Yakeen, super sympa. La suisse de l’hostal de los vientos de San Carlos.

De fil en aiguille et 10 jours plus tard, on commence à connaître presque tout le monde dans le secteur. Les premières invitations aux anniversaires et fêtes de vendanges arrivent vite.

On reprend la route vers Salta la Linda (la jolie), qui mérite bien son nom. Pour la petite histoire, c’est ici que nous nous sommes rencontrés, il y a un an presque jour pour jour. On fait comme les saumons, on remonte à la source.

La moitié de la route vers Salta se fait dans la quebrada déserte aux roches multicolores torturées. Ensuite, on replonge dans la verdure tropicale, parmi les champs de tabacs.

Salta est encore plus jolie que dans notre souvenir, avec ses bâtisses coloniales splendides, ses cours et jardins intérieurs. On peut déjà noter des changements depuis l’an passé. La région progresse vite.

lundi 24 mars 2008

Sur une autre planète



La promenade dans le canyon du Rio Colorado jusqu’à ses cascades est toujours aussi belle. Et même davantage, car l’été relativement pluvieux de 2008 a fait fleurir les paysages habituellement secs.

Un petit gamin indien quasi mutique nous escorte et nous évite les nombreux pièges du chemin.



Au coucher du soleil, Raph retourne dans la fameuse quebrada de Cafayate. Seul, c’est quand même plus inspirant qu’entouré d’un groupe de touristes au pas de course.
Les paysages sont d’une autre planète.

dimanche 23 mars 2008

Cafayate for ever

Passé le col Del Infernillo, le paysage s’assèche subitement. Les prairies cèdent la place aux cailloux colorés et les arbres aux immenses cactus « cardones ». C’est la vallée Calchaquies.

Étape dans les ruines de Quilmes, qui furent l’un des derniers bastions indigènes, avant que les Espagnols ne les déportent et ne fassent de Quilmes la marque de la bière nationale.
À l’entrée du site, les indiens pétitionnent contre l’injustice qui leur est faite et pour la restitution de leur terre. Aux dernières nouvelles, l’hôtel construit à même le site, sur l’ancien cimetière indien sera détruit. Probablement pour des raisons plus économiques que philanthropiques.

Arrivée à Cafayate, petit paradis viticole au climat idéal. C’est un retour en terrain connu pour Raph. A l’hostal El Balcon, on ne l’a pas oublié depuis l’an passé. « Le français qui avait piqué par erreur le vélo de la femme de ménage et oublié sa carte bleu sous son plumard… »

C’est agréable de revenir dans les lieux que l’on a aimés. La tradition du touriste occidental privilégie en général le zapping permanent, avec l’obsession de se rendre dans des endroits absolument nouveaux. Mais revenir c’est aussi découvrir de nouvelles choses et s’apercevoir que le souvenir occulte rapidement la réalité vécue.

samedi 22 mars 2008

La passion del Tafi

Traversée rapide de Tucuman, décidemment, on n’est pas fait pour les villes. Des orages diluviens tombent sur la pampa. La route brumeuse grimpe à travers la forêt tropicale. On chemine avec la plus grande prudence pour ne pas s’emplâtrer un abruti en 4x4 rentrant de son week-end.



Arrivée à Tafi Del Valle, le miracle se produit à peu près : les montagnes qui cernent cette verte vallée retiennent les nuages. Le bled est transformé en un Disney Land du tourisme de montagne pour cause de semaine sainte.

Diffusion en boucle sur les TV du village du film révisioniste antisémite de Mel Gibson "La Passion du Christ", qui a été tourné ici même. Comme si les bigots du coin avaient besoin d'une couche supplémentaire de fanatisme...

vendredi 21 mars 2008

Round up in paradise

En quittant Cordoba, s’étendent d’immenses champs de mais et de soja transgéniques. Des panneaux publicitaires vantent les mérites du Round Up et autres inventions diaboliques de la firme Monsanto.

Suit une traversée du désert de 400km jusqu’à Santiago Del Estero. Les paysages sont d’une austérité totale. Une grande ligne droite à travers les épineux et les cactus, sous une chaleur accablante. Très peu de maisons et deux ou trois hameaux poussiéreux en tout et pour tout, des gamins qui vendent des tortues au bord de la route, quelques troupeaux de chèvres.

Etourdis et assoiffés, nous faisons halte chez un autochtone qui vend des tissages artisanaux en laine de bique. Il n’a pas la vie facile : 45°C l’été, -10°C l’hiver, pas grand chose à faire et 30km à se coltiner pour acheter vivres et eau potable - car celle de son puis contient trop d’arsenic. Welcome to paradise !

Le soir à Santiago, procession massive des catholiques pour la semaine sainte. Ils trimbalent un christ pathétique allongé dans son cercueil de verre. Les flics de la ville assurent la fanfare.

Dans la cathédrale, c’est le grand soir. Les hommes se prosternent sur le prie-dieu pour implorer le seigneur de leur offrir un 4x4 avant la fin de la décennie et surtout de donner la victoire à l’équipe de Boca lors du prochain match. Les femmes prient pour leur ration de Botox quotidienne et une paire de seins siliconés flambants neufs.

L’obispo écoute résigné les confessions et gémissements de ses ouailles, mais il jette un coup d’oeil concupiscant sur la silhouette de Pauline. On a beau porter la robe, on n’en reste pas moins un homme.

jeudi 20 mars 2008

Mauvais oeuil et photos volées



Panique au réveil, Pau croit devenir borgne. Finalement, juste une conjonctivite aggravée. C’est pas joli à voir mais ça permet de tester la qualité du système de santé argentin. Les urgences de l’hôpital, un jour férié, sont plutôt rapides et efficaces, le toubib compétent.

Cordoba serait une ville agréable si elle n’était pas amochée par des immeubles de briques de grande hauteur. Le quartier des antiquaires à quand même gardé son charme et on peut encore y faire de bonnes affaires.


Séance de photos volées au zoom sur le parvis de l'église.

mercredi 19 mars 2008

Chez les fans de Jesus et du Che

Le moteur de la VW Saveiro chauffe dur dans la rude montée vers le sommet des sierras et ses paysages de plateaux qui ressemblent à l’Ecosse. Sur la route, une parade de plusieurs centaines de cavaliers en tenues typiques de campesinos. Ils ont l’air fier et un peu comique aussi avec leurs bérets et leurs pantalons bouffants, leurs chemises chiadées et leurs selles en peau de bique.

Le parc des condoritos était indiqué depuis 60 km mais curieusement, arrivés à l’embranchement, pas de panneau. Il faut se garer 3 bornes plus loin. On coupe à travers la montagne en faisant peur aux vaches et en s’émerveillant devant la profusion de blocs de quartz et de mica qui miroitent sur le granit rose.

Descente périlleuse vers Alta Gracia, la ville où le Che a passé une partie de sa jeunesse pour soigner son asthme. 16h, la ville est plombée par la chaleur. La visite de la célèbre estancia jésuite et son église attenante apporte un peu de fraîcheur. Une vieille fan de jesus obséquieuse nous étouffe de sa sollicitude. Ça fait du bien de revoir des vieilles pierres après deux mois chez les pionniers du nouveau monde et leur maison de ciment et contreplaqué. Le soir venu, Alta Gracia se réveille, ambiance ville balnéaire d’Espagne. Jeunes et vieux flânent sur la place et dans l’avenue San Martin. En Argentine, la rue principale s’appelle toujours San Martin. C’est qui celui-là encore ?!



La grognasse de l’office du tourisme nous certifie que tous les hébergements sont pleins à l’exception d’un hôtel cher de son cru. Heureusement, on ne la croit pas et on descend dans un bed and breakfast chez l’habitante, dans une jolie maison coloniale classée. La taulière est charmante et ulcérée d’apprendre les manigances de la pétasse de l’office. Ça va barder à Alta Gracia après notre départ.

Sur les conseils de notre taulière, dîner à La Morada. Purée ! De la vraie gastronomie élaborée, et pas plus cher que la parilla de base, avec de la vraie (purée).

mardi 18 mars 2008

Palabres cordobaises

Au petit matin, balade au barrage et dans la vallée du coin, plouf dans la piscine et en route pour Mina Clavero, point de départ supposé pour une rando dans la quebrada des condoritos, dans le massif des sierras « Cordobaises ».

Bon plan hôtel. n°2. Dans ces régions pas trop huppées, on peut se loger dans des endroits quasi luxe pour à peine plus cher que dans l’hospedaje de mamie. Jolie posada décorée avec goût, piscine et famille charmante aux commandes. 24 euros pour deux, avec petit dej pantagruellesque.

Mina Clavero n’est pas vraiment fascinante, mais les rivières et montagnes alentour ont du charme. L’ambiance fait penser à un village de vacances populaires du sud de la France. En cherchant du pain artisanal, on est happés par un vieux numismate avide de rencontres et de discussions. Il nous retient une heure autour de ses confitures et de ses timbres du Che encadrés.



De retour à la posada, ce sont les tauliers qui se lancent avec nous dans une discussion enflammée sur les mérites comparés de tous les coins d’Argentine.

Règle d’or en Argentine : ne pas adresser la parole à un autochtone à moins d’avoir au moins une heure à tuer devant vous. Dire qu’ils sont bavards serait un euphémisme.

lundi 17 mars 2008

Un peu de luxe

Départ pour San Luis. Une ligne droite de 150km à travers la pampa, sans la moindre inflexion de trajectoire. De gros orages d’automne nettoient la voiture qui n’attendait que ça.

Sans Luis ne nous fascine pas, on enchaîne jusqu’au village de San Fransisco qui a la chance inouïe d’abriter l’une des plus vieilles écoles en adobe du pays (1872). Mais à part ça, l’office du tourisme est bien en peine de recommander d’autres activités. C’est donc à Lujan que nous irons dormir.

Après 2 mois de vie précaire, on tombe sur le bon plan qu’il nous fallait. L’hôtel Lujan, trois étoiles, piscine, jardin et pelouse, vue sur les sierras… Le tout pour 23 euros pour deux, avec petit dej.



Lujan est un assez joli village envahi par de grands arbres, ses maisons dans le style colonial/espagnol font sentir que le nord et son passé s’approchent. Au bar du village, on enfile une pizza au roquefort dont l’odeur rappelle celle des pieds de Raph depuis quelques jours. Pau manque de s’étouffer en regardant l’air contrit de Sarko à l’enterrement du dernier poilu sur TV 5.

Au bar de l’hôtel, on décide de se payer un cocktail et de s’imaginer dans un livre d’Agatha Christie. Le barman est en dessous de tout en termes de cocktail, et nous prépare un truc qui fracasse à base de rhum. Avec beaucoup de sucre, ça passe à peu près, et nous voilà défaits en train de maltraiter le flipper et de s’exciter autour de la table de ping-pong. Ça fait un raffut d’enfer dans tout l’hôtel.

dimanche 16 mars 2008

Les fla les fla les flamants

La matinée commence par un petit atelier désensablage de la voiture, comme au Paris – Dakar. Rien de bien méchant toutefois.

Il faudra ensuite serrer les dents et les fesses 3 heures de plus avant de quitter enfin le ripio et de retrouver l’asphalte. C’est quand même beau le progrès.

Pour arriver au cœur du parc El Payen, célèbre pour sa grande concentration de cônes, il nous faudrait repartir pour des longues heures de chaos, sans compter qu’un guide et un 4x4 sont fortement recommandés. On se contentera donc de la réserve de Laguna Llancanelo.



Une fois le bus de volleyeurs parti, nous voilà seuls avec les flamants (roses) au milieu du grand lac peu profond (50cm). Raph s’en va patauger vers le centre de la lagune à leur rencontre. Ils finissent par s’envoler vexés et dérangés en pleine dégustation de vase.



Un peu après Malargüe, halte à l’hosteria El Sosneado, en bord de route. Hélas, l’hostel est plein, car, viennent de débarquer les survivants. Véridique ! Chaque année, les 25 survivants du célèbre crash d’avion dans les Andes, viennent ici pour faire leur pèlerinage en cheval jusqu’au lieu de l’accident où ils ont patienté de longs mois en mangeant leur congénères décédés. De toute façon, on ne voulait pas finir au menu, on trace.

Arrivés tard a San Rafael, nous logeons chez une petite vieille qui sous-loue un appart un peu tristounet. Elle est intarissable, mais nous trop fatigués pour lui tenir le crachoir.
Dans les rues du centre, les jeunes cacous font souffrir les chevaux de la Ford Mustang ou de la Renault 12. Elle est drôle aussi cette Argentine qui essaie d’avoir l’air mais qui n’a pas l’air du tout. On se rend compte que ça fait une éternité que nous n’avions pas traversé une ville de plus de 20.000 habitants. C’est marrant cinq minutes, mais on préfère définitivement le calme du campo.

samedi 15 mars 2008

La plus grande concentration de cônes


Encore une dure journée de ripio vers le nord. Ce tronçon de la route 40 est abominable. Avant la nuit, étape au bord d’une rivière, dans le sable moelleux. Frichti au coin du feu, crépuscule magique, et dans le lointain, des formations orageuses menaçantes. La rivière provenant de la zone orageuse, on déménage en urgence la tente plus loin pour ne pas risquer d’être emportés par une crue en pleine nuit. Précaution inutile au final, mais on n’est jamais trop prudent.
Raph passe une bonne partie de la soirée à observer et photographier le ciel et les étoiles.

Au loin dans la plaine, la plus grande concentration de cônes (volcaniques) se découpe sur l’horizon.

vendredi 14 mars 2008

Bains de boue et rivière de sang

Pau fait étape au dispensaire de santé du bled après 4 semaines de rhume. Diagnostic : allergie à l’herbe de la pampa ou autre essence patagonne. Consultation et médicaments gratuits, merci la sécu argentine !



Après-midi phacochère aux termes de Copahue, sur les flancs du volcan du même nom. Les termes sont administrés par l’état, l’ambiance est désuète comme dans un hôpital d’ex-union soviétique. Des infirmières vous prennent la tension et vous font répondre à un quizz santé. Après quoi, direction les bains de boue qui puent l’œuf pourri et les mariscos faisandés. Un mois plus tard le linge sent encore le soufre, heureusement qu’on ne vit plus au Moyen-Âge, sinon on finirait sur le bûcher. Suivent les soins du visage et sauna de vapeur sulfureuse, parmi les mémères et pépères arthritiques. Prix total pour cette remise en forme complète : 4,5 euros!

30km de ripio plus loin, nous tombons bouche bée devant les chutes du rio Copahue. L’eau saturée d’oxyde de fer trace une rivière de sang à travers un canyon volcanique. C’est une autre planète.



Encore 100km de ripio difficile et nous voilà installés dans l’auberge municipale de El Cholar (la seule) et attablés dans la grande salle de son restaurant municipal (le seul du village également). Inutile de préciser que nous sommes les seuls clients, il faut savoir apprécier la solitude. Ici aussi l’ambiance a quelque chose de soviétiquement désuet : Le long couloir qui dessert les chambres spartiates, les étagères ornées de trophées sportifs poussiéreux, une truite géante empaillée, bizarre mais moins flippante que le condor de Caniche. À l’entrée du hall, un mapuche en panoplie réglementaire est assis, immobile. Il a des yeux noirs, grands ouverts sur le ciel.

jeudi 13 mars 2008

Condor et Caniche

Départ de San Martin après une dernière visite aux Mussat. Trajectoire à travers les jaunes prairies pour atteindre Caviahue. Sur le chemin étape chez Maggy, dans sa maison perdue au milieu de nulle part, pour demander la permission de traverser ses terres jusqu’à d’étranges formations rocheuses.



L’occasion de faire le plein d’histoires régionales. Sur ses recommandations, nous arrivons chez Caniche. Une très jolie maison en bois, repaire des skieurs extrêmes et locos du monde entier.



Buenas Ondas. Dans l’escalier, un affreux condor empaillé. Autant dans le ciel, leur vol est impressionnant de majesté, autant au sol, attablés devant leur charogne, ils sont repoussants de laideur. Un de leurs mets de prédilection est le lapin à l’écrabouillée sur sa RN40.




mercredi 12 mars 2008

A nos amours


Trois jours pour faire le bilan de cette première moitié de trip. Décompiler nos 800 photos, en choisir 150, mettre nos souvenirs au propre et enfin mettre en ligne ce fameux blog.

Si on devait résumer l’expérience de la Patagonie, on pourrait dire : «tiens, c’est donc à ça que ressemblait la terre avant que l’homme ne la domestique!»

Hier soir, avons vu des intellos de gauche argentins (même allure que les modèles français), en allant voir "A Nos Amours" de Pialat au festival du film français du cinoche de San Martin.

En prime, une carte de notre parcours jusqu’à présent.

dimanche 9 mars 2008

Retour à San Martin

Retour à San Martin de Los Andes et retrouvailles avec les Mussat des Andes (Brigitte et Gerald), toujours aussi drôles et accueillants.



Installés à l’hostal La Colorada, où l’on a bien négocié le coup: comme l’hostal n’est pas plein, on a obtenu du jeunot qu’il envoie les arrivants dans les autres dortoirs et qu’il nous laisse le grand dortoir de 7 lits pour nous tout seuls, pour 40 pesos chacun, c’est l’affaire du siècle.

Depuis deux semaines, notre esprit bouillonne. Après avoir vu pas mal de lieux et de modes de vie, au Chili et en Argentine, il nous semble que Salta et sa région seraient parfaits pour notre projet. Du coup, on a hâte de repartir à travers l’Argentine pour aller vérifier à nouveau notre première impression.

On croise les doigts pour que la VW tienne le coup sur les longues routes qui nous attendent encore. Après avoir changé deux bougies, elle semble bien démarrer, même dans la froidure du petit matin.

samedi 8 mars 2008

Fosforito et Mongolito

On s'écrase douze heures, bercés par le bruit de la rivière. Il pleuviote au matin, temps idéal pour essayer de pêcher à nouveau. Cette fois ça mord et Raph sort une truite qui sera vite grillée et mangée.

Vers 11h du mat débarque un argentin complètement speedé. Il achète une cerveza artisannale et repart en faisant des petits nuages de poussière. Au déjeuner, on a la visite de deux guides de chevaux et de leurs trois touristes anglaises pas dégourdies.

Sebastian est revenu avec femme et bébé sur Fosforito son cheval. On se promet de se revoir.

L’argentin fou speedé est de retour en compagnie d’un Irlandais qui l’a trouvé en route. Ce con s’était perdu dans la montagne après avoir mangé du LSD. On fait le chemin du retour en sa pénible compagnie. Il a le QI d'un trisomique, même après que les effets du LSD se soient dissipés.

vendredi 7 mars 2008

La cabane de Sebastian

Départ pour le refuge de Cajon Azul à 5h de marche. Finalement, au bout de deux heures amplement suffisantes, on tombe sur une rivière d’eau claire, bordée par une plage de galets. Il y a aussi une cabane de rondins très rustique.

On se jette à poil dans l’eau glacée. Au moment de repartir, le proprio des lieux, Sebastian, sort de sa cabane et nous fait une proposition en or : garder sa cabane les 24 heures suivantes pendant qu’il descend faire les courses et voir copine et enfant au village, avec son cheval.

On descend 5 litres de bière produite sur place par Sebastian lui même, en discutant de l’Argentine en général, et en particulier de la corruption de certaines personnes. Sebastian propose en rigolant des solutions radicales : exterminer la moitié véreuse de la population !

Pour la petite histoire, Seb a 30 ans, il a hérité de 500 hectares de montagne de son défunt père, et veut isoler sa cabane pour vivre toute l’année à 1h30 de cheval de toute civilisation.

Raph essaye durant deux heures de capturer une truite pour le repas du soir, mais ne parvient qu’à coincer les hameçons sous les cailloux de la rivière.

jeudi 6 mars 2008

Parmi les hippies

6h du mat’, on débarque au pays des hippies de Patagonie : El Bolson. Après avoir un peu arrosé le repas de midi, on enchaîne les fous rires au marché artisanal des babas. Pau se demande quand même si ce sont des vrais hippies car selon elle un vrai se doit d’être végétarien et de sentir un peu mauvais.

On crèche à l’hospedaje Nico. Nico doit être enterré au fond du jardin car il ne reste plus qu’une dame pour tenir le taudis. Dans le genre barge c’est un beau spécimen. Elle fume clope sur clope en regardant des séries débiles à la TV et y va de ses commentaires abscons. Sur sa gazinière un brûleur fonctionne en permanence, car elle a peur de pas pouvoir le rallumer (sic).

Pau flippe un peu de retrouver la vieille et nos affaires carbonisées au retour du trek (pour ses affaires surtout).

mercredi 5 mars 2008

Paysages à l'agonie



Le trajet Chile Chico - El Bolson n’est qu’un vaste plateau monotone brûlé par le soleil et le vent. Seuls faits à signaler durant ces très longues heures : 2 lamas, 1 oiseau, quelques moutons en fuite et une mare d’eau.



On peste avec les israéliens sur l'état des toilettes du bus. Divergence d'intérêt entre les partisans du "j'm'en fous j'veux pisser", du "ça pue c'est intenable, ouvrez grand les fenêtres !" et du "moins d'air, on s'les gèle".

mardi 4 mars 2008

Chile Chico

Deux heures de bus au lever du soleil le long du lac. Sur les derniers kilomètres, le paysage change brutalement et redevient aride. Chile Chico, son microclimat, ses maisons d’adobes, ses rues qui se terminent sur le lac, sa plage de galets multicolores.



L’hospedaje Agua Temu est spartiate mais tenu par un jeune couple super gentil, récemment débarqué de la ville pour vivre dans ce petit bout du monde.

lundi 3 mars 2008

Atelier cuisine

(photo qui sera surement choisie pour la prochaine pub du village)

Les frères Solar nous ont logé dans une super cabana 3 pièces avec vue sur le lac General Carrera. Le village est calme, on entend seulement le chant d’un coq, un chien qui aboie et le bruit d’une hache coupant le bois pour l’hiver prochain.
Encore une fois, ce sera mission impossible pour trouver quelqu’un qui veuille nous louer un cheval ou un bateau.



On flâne sur les bords du lac et au cimetière. Au couchant, le lac et la chaîne de montagnes qui déchirent l’horizon comme une rangée de canines nous offrent un des plus beaux spectacles du voyage.



Le soir, suite à une blague sur la qualité de la cuisine française, Raph cuisine les saumons sauvages pêchés par Rodrigo et le Riz aux épices. Après une bouteille de rouge par personne, l’ambiance est meilleure que jamais au sein de la famille Solar.

Rentrés borrachos à 1h, un peu tristes de quitter ces gens demain à l’aube.

dimanche 2 mars 2008

Flaco et flaca ne sont pas dans un bateau

On n’a pas trouvé le moyen d’embarquer vers le glacier Steffen et Laurel et Hardy (Fernando et Rodrigo) nous proposent de partir en 4x4 avec eux le soir, jusqu’à leur village de Puerto Guadal. Banco !

Petit déjeuner soluble pendant que les colibris font du vol stationnaire derrière la fenêtre du balcon.



Un trek plus long et plus boueux que prévu nous ramène fourbus et assoiffés au village. Vue d’en haut l’embouchure du Rio Baker ressemble à un paysage d’Asie du sud est.

Fernando « Po Weon » nous donne l’idée du siècle : faire un môme et l’appeler Tortelicito. On y pensera.



Trajet de nuit dans le 4x4 des frères Solar. Quand il ne ronfle pas bruyamment, Fernando enchaîne blague sur blague et se moque gentiment de Flaco (Raph) qui veut voir des pumas traverser la route. On échange des idées de recette pour cuisiner les lièvres qui pullulent et détalent devant nos phares. Rodrigo en liquide un mais Raph milite pour qu’on épargne les autres. On croise aussi la route d’un putois, la queue haute et hérissée pour nous signifier la menace pestilentielle.

Le ciel étoilé est merveilleusement clair, la voie lactée est lumineuse comme une autoroute belge, et l’on distingue très bien le grand et le petit nuage de Magellan. Pour les non spécialistes en astronomie, les nuages de Magellan sont deux galaxies de taille moyennes qui orbitent autour de notre propre galaxie (la voie lactée).

A 1h du mat, on réveille Mamie Ana Luz pour récupérer des affaires et on poursuit jusqu’à Puerto Guadal, patrie de la famille nombreuse de Fernando "Pancho Po Weon" Solar.

samedi 1 mars 2008

Pinochet versus Bachelet


Le chauffeur du minibus pour Tortel a un air comique à la Jerry Lewis et emprunte des trajectoires inattendues, à 30km/h, on n’est pas arrivés ! Encore un maniaque austral…

Les rivières qui tombent des glaciers sont chargées en poussière de roche. Ca leur donne une couleur gris verte, opaque comme un lait menthe.

Tortel, Hospedaje Costanera, 14.000 pesos pour une chambre avec un lit double, enfin un lit double ! La taulière est du genre mégère bigote un peu foldingue.
Tortilla chez Mariza (El Sabor Locales). Mariza est sympa et normale. Dans les buissons de fleurs en clochettes, des bourdons géants butinent et des libellules patrouillent.


Balade sur les pontons de bois à travers les marécages jusqu’à un aérodrome désaffecté.

Soirée cahier de vacances devant le poêle bourré à bloc de bûches. Nous sommes seuls, «entonces», notre chambre double se transforme en suite géante de 8 pièces cuisine.


Le chat léthargique s’est révéillé au son de la boîte de sardines qu’on torture au couteau suisse. L’huile pour lui, les sardines pour nous.

Le Fjord est plus vert et plus laiteux que jamais au crépuscule. Il paraît qu’il se congèle en hiver, car il est peu salé.

Suit une longue discussion devant une bouteille de vin avec deux frangins, techniciens électriques venus réparer un transformateur. Le maigre vit a Santiago, il est un peu pinochiste, le gros est resté à la campagne, il est bacheliste et archi comique. Raf ne comprend rien à ses blagues mais il hérite d’un nouveau surnom : Flaco (le maigre).