Après-midi phacochère aux termes de Copahue, sur les flancs du volcan du même nom. Les termes sont administrés par l’état, l’ambiance est désuète comme dans un hôpital d’ex-union soviétique. Des infirmières vous prennent la tension et vous font répondre à un quizz santé. Après quoi, direction les bains de boue qui puent l’œuf pourri et les mariscos faisandés. Un mois plus tard le linge sent encore le soufre, heureusement qu’on ne vit plus au Moyen-Âge, sinon on finirait sur le bûcher. Suivent les soins du visage et sauna de vapeur sulfureuse, parmi les mémères et pépères arthritiques. Prix total pour cette remise en forme complète : 4,5 euros!
30km de ripio plus loin, nous tombons bouche bée devant les chutes du rio Copahue. L’eau saturée d’oxyde de fer trace une rivière de sang à travers un canyon volcanique. C’est une autre planète.

Encore 100km de ripio difficile et nous voilà installés dans l’auberge municipale de El Cholar (la seule) et attablés dans la grande salle de son restaurant municipal (le seul du village également). Inutile de préciser que nous sommes les seuls clients, il faut savoir apprécier la solitude. Ici aussi l’ambiance a quelque chose de soviétiquement désuet : Le long couloir qui dessert les chambres spartiates, les étagères ornées de trophées sportifs poussiéreux, une truite géante empaillée, bizarre mais moins flippante que le condor de Caniche. À l’entrée du hall, un mapuche en panoplie réglementaire est assis, immobile. Il a des yeux noirs, grands ouverts sur le ciel.
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