samedi 29 novembre 2008

Cow Boy

Raphaël s’en va jouer au Cow Boy avec Alain Le Belge. Alain possède quelques-uns de ces petits chevaux péruviens qui avancent avec ce drôle de pas rapide. Ils ne payent pas de mine ces petits bourrins, mais c’est un plaisir de les monter, leur dos reste droit et stable comme une selle de moto.
A la tombée du jour, deux cavaliers devisent en parcourant les 120 hectares du domaine, jusqu’au large lit de la rivière sèche emplit de dune de sable. Ici et là, des squelettes de bétail à moitié ensablés: un vrai cliché du grand ouest. Petite halte chez un nouveau voisin : Guillaume, un jeune Français de Nouvelle-Calédonie s’est acheté un petit lot et une maison d’adobe sans eau ni électricité, avec l’argent d’un prix littéraire gagné dans son archipel.

Le retour se fait à travers les immenses champs de luzerne en fleur. Cette petite mer de fleurs bleues s’accorde merveilleusement avec le décor des montagnes rendues violette par le couchant, c’est d’une beauté déconcertante.

Avant de partir, dégustation d’une bière locale. « Oula, me echo la burra, otra vez… ». Germe alors une idée : Pauline et Raph reviendront dans la semaine pour shooter quelques photos bien mises en scène pour faire une promotion comique de cette satanée cerveza. On a déjà des idées, mise en œuvre imminente, ça risque d’être drôle.





vendredi 28 novembre 2008

Entre les gouttes

Retour à Cafayate en fin d’après-midi. Nous passons littéralement entre les gouttes. Devant et derrière nous les orages font rage. La route est coupée de torrents par endroits, au loin, dans la nuit qui tombe, des éclairs roses déchirent le ciel et font apparaître les silhouettes massives des montagnes de la « quebrada ». Finalement, on arrive à Cafayate sans avoir reçu la moindre goutte de pluie, quelques minutes après qu’une tempête de grêle se soit abattue sur la ville.



Le retour est fete dignement à grands renforts de vin cafayateno, gueule de bois assuree…

jeudi 27 novembre 2008

l’éducation communiste

La chaleur est accablante, de jour comme de nuit, l’air saturé d’humidité. Un peu effarés, on regarde de loin le bilan des victimes de Bombay s’alourdir sur TV5 Monde.

Pas mal d’acheteurs potentiel viennent reluquer notre voiture, on apprend à leur faire l’article en bon vendeurs, et on fait monter les enchères. Nous avons décidé de la mettre en vente car nous ne sommes pas certains de l’endroit où nous installerons définitivement et, si c’est ici, on aimerait bien disposer d’un véhicule avec plus de deux places de toute façon.



Un peu de culture dans ce monde rustre : pour 5 pesos chacun (1,2 euros) nous avons réservé nos places au paradis pour voir jouer l’orchestre symphonique de Salta, dirigé par une cheftaine d’orchestre cubaine invitée. Au programme Tchaïkovski et autres. À la fin de la représentation, la cubaine dépèce le bouquet de fleurs pour en distribuer une à chaque musicien… Ha, l’éducation communiste !

mardi 25 novembre 2008

Confidences intimes



Sur le point de partir, nous rendons visite à un Olivier installé à Salta. On nous a mis sur la piste de ce Français qui a failli faire tourner son hostal. Hélas, mauvaise planification budgétaire et coup bas de la concurrence lui ont fait jeter l’éponge. On aurait bien envisagé de le débarrasser de ses soucis en lui louant sa maison pendant un temps, mais il souhaite maintenant vendre (500 000 $) et se tirer en France. L’expatriation n’est pas une aventure qui va de soi.

Nous avons mis la voiture en vente dans les petites annonces. Olivier nous fait très justement observer que, rentrer sur Cafayate au moment où les acheteurs Salteno vont se manifester c’est un peu dommage, et il nous propose de rester quelques jours chez lui vu que le courant passe bien.

Lorsqu’on rencontre un compatriote au bout du monde, l’amitié se lie vite, et les confidences intimes sortent sans détour. En quelques heures, on apprend plus sur une personne qu’en plusieurs années de relations maquillées à Paris.


lundi 24 novembre 2008

Passe-partout

Départ pour Salta au volant de l’inimitable Saveiro. Pour peut qu’on n’oublie pas de lui donner à boire elle se comporte plutôt bien ces temps-ci.



En fin de journée, une curieuse tempête de vent balaye les rues de la ville d’est en ouest. Derrière les cimes de la précordillère des nuages monstrueux et oranges bourgeonnent dangereusement.

Détour par San Lorenzo pour visiter une agence immobilière. Le quartier est plongé dans le noir et les cigales argentines sentant venir la pluie font un vacarme épouvantable, leurs cris stridents donnent l’impression que toutes les alarmes du quartier se sont mises en route en même temps.

L’agent immobilier nous confie que le type de maison que nous cherchons (belle et grande) est quasiment impossible à louer où acheter. Dans les deux cas, les prix ont atteint de tels sommets spéculatifs que plus personne n’est vraiment en mesure de se les payer. Visite d’une charmante maison à 350 euros / mois, mais avec une seule chambre, impossible d’y recevoir qui que ce soit…Passe-partout peut-être…

De retour à Salta, notre quartier est plongé dans l’obscurité totale. Un arbre s’est effondré sur les lignes électriques… mais alors…comment allons nous faire pour regarder Sex and The City ???? se demande Pauline…

dimanche 23 novembre 2008

Des blondes, des rousses et des brunes



Un dimanche à San Carlos, chez Alain et Anne, les amis belges. Côté fourneaux, Anne fait toujours des miracles culinaires en plein désert, cette fois, ce fut une recette remontant à leurs « origines » africaines : fricassée de bananes à la sardine, aux tomates et aux piments.
Côté brasserie, c’est Alain qui épate la galerie avec les premières cuvées de sa bière artisanale : « Me echo la burra », littéralement, la mule m’a foutu par terre. Effectivement, 50 cl de ce nectar à 8° en apero suffisent à nous mettre à terre.
Le vent est chaud et sec, comme tout droit sorti d’un sèche-cheveux géant. Dans les champs alentour, les chevaux se chamaillent avec panache et l’étalon tente de sauter toutes les juments. De temps en temps une mini tornade de poussière monte dans le ciel devant les montagnes rouge sang, le tableau est digne de la trilogie des grand espaces.



On repart avec un carton plein de blondes, de rousses et de brunes à offrir à Carlos et Patricia qui préparent les pizzas ce soir. Sous la tonnelle, des milliers d’insectes s’agglutinent sur le mur blanc baigné de lumière, Pauline en a des frissons tandis qu’au pied du mur, un crapaud s’est installé comme au restaurant pour déguster sans effort les « bichos » qui ont l’imprudence de tomber à terre.

Il commence à pleuvoir de plus en plus fréquemment sur Cafayate, et la maison de Maud prend l’eau de tous côtés.

samedi 22 novembre 2008

En attendant...



En attendant la mise en œuvre de ces grands projets ou l’ouverture de notre propre lieux, Pauline fait des gâteaux au chocolat, on rend visite à nos amis Carlos et Patricia qui sont vraiment de chouette gens plein d’humour, et on écrit ces lignes, entre autre.




mercredi 19 novembre 2008

Enthousiasme débordant

Maud et Marteen s’en vont à Salta faire des « tramites » (démarches administratives). On garde donc la propriété seuls et tranquilles en attendant notre tour de partir aussi. Avant leur départ, quelques idées ont germé pour mettre à profit notre énergie intarissable et notre enthousiasme débordant :

* faire pousser des légumes de qualité et les vendre dans ce village où les étals font penser à la Pologne du temps du général Jaruzelski
* organiser une fiesta avec de la musique venue d’Europe dans le club du village qui ne connaît que la Cumbia. Pour se faire, Marteen entretient la rumeur selon laquelle Raph est un éminent DJ mondialement connu à Paris.
* Elever des truites dans les bassins de retentions d’eau



lundi 17 novembre 2008

Escucho contra oferta

Sur la piste d’un hostal à acheter… Un certain Juan souhaiterait vendre le fond de commerce de son hostal « ruta 40 ». Rendez-vous pris avec le gus, la conversation s’engage. Il nous suffit de deux minute de son baratin éhonté pour comprendre que l’offre sera à s’étrangler.



180.000 US$. Sans rire. Il ne s’agit que d’un fond de commerce d’un hostal de base avec 40 lits, ce à quoi il faut rajouter le loyer mensuel… Voilà typiquement le genre de proposition ubuesque qu’on rencontre en Argentine. « Escucho contra oferta » (j’écouterai votre contre-proposition). Il n’y aura pas de contre proposition évidemment, y’a pas marqué « pigeons » ici.

vendredi 14 novembre 2008

Me duele el culo


Au petit matin, on constate que la cime de la montagne au-dessus de nous est enneigée. « Que raro en esta temporada » se dira Felix qui n’a pas entendu la tourmente de la nuit et dormait sur ses deux oreilles.



Après une halte dans une fermette voisine commence la longue descente vers la vallée : 8 heures.



Nous avons changé de monture depuis hier. En fait, ce sont plutôt nos montures qui ont changé de cavalier, vu que Sombrito et ses copains prognathes se sont fait la male dans les hauteurs durant la nuit. Raphaël hérite d’un magnifique « Copa Del Rey », beaucoup plus fou fou que son ami Sombrito, l’occasion de faire un peu de galop une fois revenus sur les chemins plats de la vallée. La descente se fait parfois sur des chemins abrupts et vertigineux, la température grimpe au fur et à mesure de la redescente.



Bilan : un très beau souvenir et un mal aux fesses assez prononcé dans les jours qui suivront.



jeudi 13 novembre 2008

Huuuue !


Après un épisode de mauvais temps, on part enfin dans les montagnes, en compagnie de Felix sur sa mule, ses chevaux, un âne bien bâté de provisions et sa fille.
Vues de loin, les montagnes semblent austères sèches et homogènes, mais au fil de l’ascension, on découvre des champs de cardones géant, des combes vertes où coulent des sources inattendues, de grandes prairies d’herbes hautes, et toujours derrière nous, la vallée Calchiaques.



Après cinq heures de chemin escarpé, nous voilà à la demeure d’altitude de la famille Carpenchay. C’est rudimentaire, il va sans dire. Felix lève le nez vers le ciel et affirme d’un air entendu : « ya va a llover mas hoy ». Heureusement qu’on a quand même recouvert notre tente semi imperméable « Industria Argentina » d’une grande bâche de plastique, car vers minuit, nous sommes réveillés par un orage terrible. Le vent menace de tout emporter et l’on se sent tout petit, blottis dans nos duvets. Finalement, ça tient et l’orage passe, mais qu’est-ce qu’on caille.

mardi 11 novembre 2008

OVNI


Ce n’est pas férié ici.
Marteen est de retour.
Yakeen croit toujours aux OVNIS et les attend de pied ferme, ainsi que l’oiseau rare qui lui achètera son hôtel (inachevé) pour la modique somme de 250.000 US$. Avis aux amateurs, la vue est imprenable.
Les Belges seront de retour de leur voyage autour du monde dans quelques jours.
Bref, chaque chose reprend sa place à Cafayate.
Il paraît qu’il y a un nouveau venu à San Carlos : un Français de Nouvelle-Calédonie qui a la réputation de boire à lui seul plus que tous nos amis réunis, ce n’est pas peu dire. On a hâte de rencontrer le loustic.

lundi 10 novembre 2008

gringos forever


Retour à Cafayate avec des provisions de vivres.
Bilan des trois jours sur place : visite à Vaqueros chez Tom et Nadia qui ont trouvé une maison sympa à louer, découverte de San Lorenzo, le village des rupins de Salta et des touristes friqués. Mais toujours pas de lieux en vue à un prix décent.
Il faut dire aussi qu’à la vue de deux gringos, les Argentins semblent très vite se remémorer les années 90 où un pesos valait un dollar… On peut toujours rêver. Nous c’est l’inverse, on attend la prochaine dévaluation qui ne devrait pas tarder. De nombreux économistes clament qu’il faut arrêter de maintenir artificiellement le taux de change actuel au prix des réserves de la banque centrale, et laisser filer le peso pour rendre le pays compétitif à nouveau, comme l’ont fait le Brésil et le Chili… On n’est pas contre cette idée.

jeudi 6 novembre 2008

Hijo de puta !

Quelques jours à Salta pour se changer les idées et chercher une bicoque classe à louer, histoire de commencer en douceur notre hôtel résidence d’artiste.
Luc nous accueille dans sa belle maison, les repas sont arrosés… Dans le fond du jardin il y a diverss volatiles ainsi que Ségolène et Cochonou, un couple porcins que isolons tant bien que mal pour permettre à Ségolène la cochonne de mettre bas. Au petit matin, 5 adorables petits trucs roses trébuchent et tètent à grand bruit.



Mais l’animal le plus incontournable des lieux c’est Bambino le guanaco. Un guanaco, c’est un peu comme un lama, en plus svelte et en beaucoup plus teigneux. Afin que le lecteur se fasse une image plus réaliste de ce bestiau, nous l’appellerons dorénavant « fils de pute », sobriquet inspiré par son comportement passablement agressif et traître. A son actif, une course poursuite fort comique avec Pauline dans le jardin, un crachat au visage ainsi que des assauts surprise répétés sur Raphaël. On fini par comprendre le truc néanmoins : le choper à deux mains par le cou, et ne jamais, jamais lui tourner le dos.



mardi 4 novembre 2008

Cormac Mc Carthy vs CNN



Tous les matins nous nous réveillons aux cuicuis des colibris et chants du coq. Il y a aussi ces drôles d’oiseaux jaunes, avec leur tête blanche barrée d’un bandeau noir sur les yeux qui leur donne un air de carnaval.

Puis petit dej sur la table dans le jardin, à l’ombre du soleil qui dès 9h30 tape fuerte. Ensuite lecture, en ce moment ce cher Cormac Mc Carthy avec ses voyages dans les montagnes mexicaines. On essaye en vain de trouver des informations decentes à la TV, histoire de savoir quand le pays et le Pesos vont se casser la figure, mais dites vous que le JT de JP Pernaud c’est du grand journalisme en comparaison des news locales. Chaque jour enquête approfondie sur l’attaque d’une boulangerie ou le vol du sac d’une petite vielle. L’insécurité c’est le thème central en ce moment, ça vous rappelle rien ?

Enfin ce soir, nous allons changer notre ordinaire car grâce à Cé-éné-éné-en-espaniol on va connaître en temps réel le nom du nouveau président des Estados Unidos. Il est grand il est beau, il est sexy… et tient, il est noir bigre ! Un beau cadeau d’anniversaire pour Pauline qui fête ses 25 ans. Sarkozy va se sentir tout petit lors de leurs rencontres au sommet.