Aux terrasses des gargotes, certains semblent avoir jeté l'éponge. Pétrifiés, hagards, ils fument en observant la rue, recroquevillés sur de minuscules tabourets en plastiques, avec pour décor de fond
soupes, brochettes, couleurs pastels et éclairage au néon.
Pour nous, l'expérience de Saigon sera vécue du bon côté de la vie :
Quang et Thi habitent la demeure familiale: une superbe maison coloniale, avec piscine et jardin luxuriant à l'abris du tumulte. Le mois de mai marque la fin de la saison sèche: en fin d'après-midi, le ciel devient gris foncé et indigo, et un orage biblique vient arroser le jardin, douche et bain pour le même prix dans la piscine.
Sous les colonnes du porche, affalés dans les sièges d'osiers dans l'air des ventilateurs géants, on s'imagine en missionnaires coloniaux. La chaleur ne vous lâche jamais et sape toute velléité d'effort prolongé. On comprend qu'un peu de Gin ait suffi à les faire sombrer dans la déchéance totale.



































