lundi 28 mai 2012

Dernières heures à Hanoï


Dernière heures à Hanoï avant l'avion. Lila s'entraine au maniement de la Honda. Raph s'en va dépenser les derniers Dong au marché: épices, caramels, réglisse, anis, cardamome… 

Commentaire enthousiaste de Lila avant de prendre l'avion :
« On va prendre l’avion, et y va décoller et y va atterrir et on va romir* dans le sac ? »

* = vomir.

dimanche 27 mai 2012

Lila et le cochon

 

Dans les faubourgs de Bac Ha, visite de l'ancien palais d'un despote mégalomane. Sur un grand stade, les enfants envoient leur cerf-volant très haut là haut dans le ciel.

Devant l'étal d'une bouchère, Lila s'interroge sur le sens de la vie.

Le marché de Bac Ha



Du côté du marché au bestiaux, dans un recoin boueux se négocient cochons hurlant dans le sac de toile, buffles, canards blancs, canetons grouillants, poulets accrochés par les pattes, chiots... Lila se fait hisser sur le dos d'un buffle.
Raph parti en promenade dans les montagnes alentour. Pas si facile de trouver les sentiers qui mênent aux collines et aux champs. Dans les faubourgs du village, les enfants se planquent derrière leur maison de bois et d'adobe, crient « hello » et pouffent de rire.








Finalement trouvé le chemin glissant permettant de prendre de la hauteur. Aux pieds d'une vieille tombe, glissade dans la boue. Bilan: un peu plus sale mais toujours aussi peu superstitieux.
Promenade magnifique dans les cultures de maïs en étage, parsemées de cyprès et d'épineux... On dirait presque la Toscane.








samedi 26 mai 2012

Bac Ha


Un bus "régulier" nous amène vers une localité moins courue : Bac Ha. Par "bus régulier", on entend un truc rouillé, sans amortisseur, ou l'on s'entasse à deux par siège et où l'on suscite la curiosité voir l'hilarité des Viets.

Bac Ha n'est visité que par quelques touristes, et ce, uniquement le dimanche matin, jour de grand marché. Installés dans un immense hôtel au modernisme rétro, on entend résonner nos pas dans les couloirs. Seul un voyageur à moto séjourne ici.

Dans notre chambre, une immense baie vitrée donne à voir les montagnes, et au pied de l'immeuble, un lac en construction. A la nuit tombée, une luciole s'envole en clignotant.

On croise un certain nombre de femmes de tout âge vêtues de costumes traditionnels de leur tribu respectives, descendues faire leurs emplettes depuis les campagnes. Comme quoi, ces tenues élégantes ne sont pas qu'un déguisement pour contenter les touristes, mais bien une tradition encore vivante. Tout de même, ces mi-bas et ces jupes brodées, c'est très habillé mais fort délicat pour des chemins aussi boueux. 

On peut déambuler tranquillement dans le village sans être sollicités, enfin... Le vrai voyage pourrait commencer là.







vendredi 25 mai 2012

Sapa




Direction Sapa, dans le nord, par le train couchette « vip ». La décoration des cabines rappelle vaguement celles du train couchette « le cévènol », dans les années 70... Mis à part le staff qui fume et beugle au bout du wagon, on passe une agréable nuit. Arrivée aux aurores à Lao Cai, ignoble ville frontalière avec la Chine.

Montée en minibus dans les alpages de Sapa. Ancienne villégiature coloniale d'altitude.
Dans ces montagnes, des pins et des châtaigniers côtoient bananiers et rizières.

Le temps n'est pas trop de notre côté, mais on s'embarque quand même aux côtés de femmes Mong sur le sentier qui mène vers « le village des minorités ». Le programme sonne très authentique, avec déjeuner chez l'habitant à midi... Dans les faits, on suivra une route standardisée, on mangera des « instant noodles » comme tout le monde, et on visitera les même simulacres d'ateliers de tissage en résistant pour ne pas se faire refourguer une écharpe. Lila pique un somme pendant la randonnée, ficelée sur le dos d'une de nos guides.  

Il y a également un arrêt obligatoire devant une école flambant neuve et manifestement vide, d'où sort un supposé enseignant à l'air blasé, pour nous vanter les bienfaits des oeuvres sociales du gouvernement envers les « minorités ». Allez savoir pourquoi, on est sceptiques. Toute cette histoire de découverte des « minorités » sent légèrement la mascarade, enfin, après tout, c'est de bonne guerre.

Les paysages de rizières en étage sont magnifiques, les jeunes pousses de riz se découpent en vert fluo sur le ciel gris. Des buffles tout crottés de boue nous regardent passer avec une moue sceptique. Au moins, les photos seront fidèles au fantasme.






jeudi 24 mai 2012

Marché d'Hanoi



Promenade dans le quartier du marché, où pas un seul cm2 d'espace libre ne subsiste.

Poissons séchés, crabes bleus, anguilles emmelées, oreilles et groins de cochons, coquillages et crustacés, poulets tranchés à coup de hachoir sur une planche à même le trottoir, vendeuses qui agitent un rameau au dessus des pièces de viandes pour en chasser les mouches, marchandes qui comptent leurs Dong avec un air maussade.
Les visages sont tendus, les corps fatigués grappillent quelques minutes de repos en toute occasion, en toute position: entre deux ballots de marchandise, en équilibre sur une moto, sur une natte les pieds dans les casseroles, le nez dans les gaz d'échappement.

 
Les Viets se faufilent en moto entre les étals et font leurs emplettes sans couper le contact de leur destrier.








Petit à petit, le personnel de l'hôtel apprivoise Lila à grand renfort de caramels.

 

mercredi 23 mai 2012

Retour à Hanoi


Retour dans la grande folie d'Hanoi.

L'argent qui change de mains au dessus des morceaux de couène de porc, les tas de citronelle et autres liserons d'eau. 
Des femmes au bord de la crise de nerf qui s'engueulent comme des poissonnières.

Les filles rivalisent de robes moulantes.

La population est extrememement jeune et la démographie galopante. Lors du premier voyage de Raph (1996), le Vietnam comptait 60 millions d'habitant, 90 millions aujourd'hui, et donc 30 millions de moins de 15 ans. Mais où sont passé les vieux?  


En voila un passablement désemparé par le mouvement perpétuel devant son échope.









mardi 22 mai 2012

Baie d'Halong


Le long de l'autoroute qui mène de Hanoi à la baie d'Halong, les "maisons tubes" aux couleurs pastel empiètent de plus en plus sur les rizières ainsi que d'immenses zones industrielles.

Arrêt obligatoire dans un supermaché de souvenirs, où des ouvrières fabriquent tentures et estampes à la chaîne, ça fait rêver...

 

Les bus de Hanoi débarquent synchrones et crachent des hordes de touristes (dont nous sommes), aussitôt embarqués à la chaîne dans les bateaux.  Une fois à bord, l'expérience retrouve un semblant de singularité, même si l'on sait que 400 bateaux comme le notre vont suivre à peu près le même parcours que nous aujourd'hui.


 

Plage artificielle créée de toute pièce sur une dalle en béton.
Paris mai 68: "sous les pavés, la plage".
Halong 2012: "sous la plage, le béton".
A chaque époque suffit sa peine.

 

Balade en kayak depuis le bateau jusqu'à une lagune à l'intérieur d'une ile, qu'on atteint en navigant dans une grotte. Visite d'une grotte avec des stalactites en forme de singe, des stalacmites en forme de bi... Ho my god!
 

Ce soir Raphaël fête ses 40 ans... "Et y'en a pas un pour me payer un coup?!"



Au petit matin, Lila donne à manger à des myriades de petits poissons rouge. Une grosse méduse jaune pipi vient gober un bout de pain et repart vers le fond. Le bateau lève l'ancre, le crachin fait un joli bruit à la surface de l'eau.

Bilan: la baie d'Halong, ça vaut le coup? Hmm, c'est vrai qu'ils ont la silhouette élégante ces pics karstiques dans le soleil couchant, mais la beauté du lieu est un peu gachée par son exploitation archi standardisée.

Retour sur Hanoi, et nouvel arrêt obligatoire au supermarché du souvenir kitch. Peu avant l'arrivée, on manque de peu de s'emplatrer dans un bus roulant à contre sens sur notre file d'autoroute...


lundi 21 mai 2012

Esquichés mais zen




 

Quitte à se répeter: s'accomoder d'un espace vital aussi restreint sans craquer, ça force l'admiration des patagons habitués aux grands espaces que nous sommes.  










dimanche 20 mai 2012

Que d'eux que d'eux !


La densité de population, en particulier dans le centre historique est hallucinante,  combien de personnes en plus pourraient contenir cette ville sans exploser.

 

Réparation des tongues de Pauline auprès d'un cordonnier de trottoir. 1 euro = 1 semaine de vie en plus






Au temple et sur les trottoirs, on brule de l'argent factice pour les morts.