Direction
Sapa, dans le nord, par le train couchette « vip ». La
décoration des cabines rappelle vaguement celles du train couchette
« le cévènol », dans les années 70... Mis à part le
staff qui fume et beugle au bout du wagon, on passe une agréable
nuit. Arrivée aux aurores à Lao Cai, ignoble ville frontalière
avec la Chine.
Montée
en minibus dans les alpages de Sapa. Ancienne villégiature coloniale
d'altitude.
Dans
ces montagnes, des pins et des châtaigniers côtoient bananiers et
rizières.
Le
temps n'est pas trop de notre côté, mais on s'embarque quand même
aux côtés de femmes Mong sur le sentier qui mène vers « le
village des minorités ». Le programme sonne très authentique,
avec déjeuner chez l'habitant à midi... Dans les faits, on suivra une
route standardisée, on mangera des « instant noodles »
comme tout le monde, et on visitera les même simulacres d'ateliers
de tissage en résistant pour ne pas se faire refourguer une
écharpe. Lila pique un somme pendant la randonnée, ficelée sur le dos d'une de nos guides.
Il
y a également un arrêt obligatoire devant une école flambant neuve
et manifestement vide, d'où sort un supposé enseignant à l'air
blasé, pour nous vanter les bienfaits des oeuvres sociales du
gouvernement envers les « minorités ». Allez savoir
pourquoi, on est sceptiques. Toute cette histoire de découverte des
« minorités » sent légèrement la mascarade, enfin,
après tout, c'est de bonne guerre.
Les
paysages de rizières en étage sont magnifiques, les jeunes pousses de riz se découpent en vert fluo sur le ciel gris. Des buffles tout crottés de boue nous regardent passer avec une moue sceptique. Au
moins, les photos seront fidèles au fantasme.