Réveil au levé du soleil pour un tour dans le Delta du Mekong. La chaleur est déjà étouffante. Le Mekong se divise en d'innombrables rivières et canaux, sur lesquels on circule à bord de barques effilées, munies d'un moteur et d'une hélice située sur une longue canne, qui permet la navigation en eau peu profonde.
Il n'est que 6h30, mais déjà, beaucoup de vendeuses du marché flottant plient bagage ou déjeunent dans leurs barques vides, l'ensemble de leur marchandise ayant trouvé preneur. De plus gros bateaux viennent ainsi collecter fruits et légumes et vont les faire converger vers les marchés des grandes villes durant la matinée.
Plus loin, on s'engage dans des canaux plus étroits, où l'eau boueuse se retire progressivement sous l'effet de la marée descendante, à l'embouchure, quelque 120 kilomètres en aval.
L'embarcation se fraye un chemin à travers les massifs de jacinthes flottantes qui dérivent en surface. De curieux poissons évoquant les batraciens sautent dans la vase à notre passage, quelques hommes aux jambes squelettiques et à la peau luisante traversent l'eau sur des ponts de singe en bambous. Il n'est pas 9 heures, et la chaleur devient obscène, écoeurante.
Arrêt dans une famille de paysans qui exploitent un verger d'arbres fruitiers : bananes, le fameux durian, très cher et très prisé des Vietnamiens, mais qui pour nous à l'odeur et le goût de viande pourrie, fruit du dragon sur son cactus. Au sol, les tubercules de gingembre prolifèrent à même le sol.
Des cochons monstrueux gisent, vautrés dans leur box, vaincus par la chaleur autant que nous. Lila court après les canards blancs.